Gardez la forme pendant votre blessure !

Docteur Stéphane Cascua

Votre lésion est cicatrisée, vous pensez reprendre la compétition. Malheureusement, c’est impossible ! Votre manque de condition physique vous en empêche ! A moins que vous n’ayez pris soin de garder la forme pendant votre blessure !

Osteopathe Attention, votre condition physique régresse rapidement !

Les études montrent que les adaptions des muscles et du c’ur disparaissent rapidement en l’absence d’entraînement. Après 3 à 4 jour d’inactivité, les usines chimiques musculaires appelées « mitochondries » réduisent leur aptitude à brûler de l’énergie. Le débit cardiaque maximum diminue à l’issue d’une dizaine de jour sans exercice physique ! Un athlète qui arrête le sport mais poursuit sa vie quotidienne redevient sédentaire en 3 mois. S’il doit rester dans un lit à l’hôpital, il lui suffit de 3 semaines pour voir disparaître le bénéfice de nombreuses années de pratique.

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C’est la nature qui donne le rythme des réparations du corps humain. En gardant la forme, vous pouvez reprendre le jour où la cicatrisation s’achève. C’est la meilleure façon de gagner du temps ! Occupé par un programme adapté, vous gardez le moral, vous n’êtes plus fâché avec votre médecin ! Votre fameuse plaque de chocolat abdominale ne se transforme plus en mousse ! Vous conservez la ligne. Loin d’altérer la guérison de votre lésion, les contraintes bien dosées sur la zone blessée ‘guide la cicatrisation’. Les conseils de votre médecin du sport se révèlent précieux pour assurer la progressivité nécessaire. Ainsi consolidé, le tissu est apte à assumer les contraintes mécaniques inhérentes à votre sport de prédilection.

Apprenez à garder la forme !

Si vous êtes blessés à un membre inférieur, il est possible de faire de la musculation des bras et du buste. Ainsi, vous serez plus costaud sur les contacts, vous courrez mieux car vos jambes prendront appui sur un bassin solidement fixé. En enchaînant des longues séries avec charges légères, vous parvenez même à stimuler le fonctionnement du c’ur ! Voilà pourquoi, ces « parcours de musculation » porte également le nom de « jogging musculaire ».

MUSCULATION DE FREINAGE POUR EVITER LES COURBATURES

Victime d’une entorse de cheville, de nombreux exercices de musculation des membres inférieurs sans appui sont conseillés. Sur une « chaise à quadriceps » ou sur un « banc à ischiojambiers », il est possible de monter avec 2 jambes une lourde charge puis à ralentir sa descente avec une seule. Ce travail de freinage reproduit les contraintes musculaires rencontrées à l’amortissement de chaque foulée. Il se révèle particulièrement efficace pour lutter contre les courbatures au moment de la reprise de la course.

Peu de temps après un traumatisme au niveau des membres supérieurs, le jogging n’est pas possible à cause des secousses ou du balancier des bras. Vous pouvez plus aisément faire vélo d’appartement dos droit ou du stepper. Monter les escaliers activement ? et descendre en ascenseur, s’intègre astucieusement à votre programme.

Allongé sur votre lit, vous pouvez imaginez et revivre vos différentes actions de jeux. La ‘visualisation’ a démontré son efficacité dans l’entretien du geste technique.

Allez à nager pour remettre au travail vos membres inférieurs. Entouré d’une « ceinture de polystyrène » ou d’une « frite », vous flottez debout dans l’eau : vous pouvez faire votre footing à la piscine. Il a été prouvé que l’ « aquajogging » permettait un travail cardiaque comparable à la course à pied.

N’oubliez pas l’aquagym. Grâce à Archimède, lorsque vous avez de l’eau jusqu’au cou, vous ne pesez que 10% de poids ! Dirigez vous vers le petit bain et élevez petit à petit la charge ! Dans l’eau la résistance au mouvement augmente avec la vitesse. Alors, accélérez peu à peu pour accroître les contraintes. Dans l’eau, reproduisez le geste spécifique. Les footballeurs peuvent mimer le tir et les tennismans la frappe de balle. Dans le petit bain, reprenez peu à peu la course et les sauts.

Le cyclisme s’intègre souvent à votre programme. Evitez le VTT dans les Alpes ou même en ville, préférez le vélo de salle ou d’appartement. Rapidement, un travail intensif avec séances de « fractionnés » ou d’ «intermittents» est possible.

Reprenez plus tard le footing. Attention, chaque foulée est un bondissement traumatisant. Pour renouer avec la course, n’hésitez pas à vous contentez vous d’un ‘petit footing de rééducation’ quitte à travailler dur à la piscine ou sur votre bicyclette.

DISSOCIER POUR PROGRESSER

Le concept d’entretien de la condition physique du sportif blessé permet de dissocier les « contraintes mécaniques sur la blessure » et les « sollicitations chimiques musculaires ». C’est ainsi que l’on parvient à rendre compatible « rééducation » et « entraînement ».

Si vous bénéficiez de l’accès à une salle de fitness ou si votre kinésithérapeute dispose d’un équipement de cardiotraining complet, c’est l’idéal ! Vous avez accès à d’autres simulateurs comme les vélo à bras, les steppers, les ellipteurs et les rameurs. Il est alors possible de peaufiner une réelle progressivité. Le vélo à bras permet de solliciter vraiment le c’ur malgré un membre inférieur immobilisé ! Sur stepper vous pouvez « sprinter » sans étirer violemment vos muscles. Le mouvement de l’éllipteur ressemble de plus de plus au geste de la course à pied ! Vous pouvez peu à peu réintroduire le jogging grâce au tapis de course. Sur tous ces appareils puis en courant, vous travaillez de plus en plus intensément tous les systèmes musculaires de production d’énergie.

‘Le Retour sur le Terrain’

La rééducation sort du cabinet de kinésithérapie. Elle se pratique grandeur nature, sur le terrain. Initialement les exercices sont programmés et arrêtés à l’apparition de la fatigue afin de ne pas piéger la coordination du joueur. Au début, les mouvements sont effectués à vitesse et amplitudes modérées puis les contraintes mécaniques se rapprochent de celle de votre sport. Pas chassés, pas croisés, slalom, demi-tours et autres éducatifs sont au menu. Les footballeurs réintroduisent peu à peu les jonglages, les conduites de balle et les frappes. Le tennisman reprend doucement son coup droit, son revers puis son service.

Au début, votre adversaire est votre ami ? il vous propose de travailler en douceur un geste prévu à l’avance. Enfin, le mouvement est réalisé à puissance maximum. Votre ami ? redevient votre adversaire ! Il cherche à vous piéger ou va au contact. L’effort se poursuit même lorsque l’épuisement vous gagne : c’est la compétition !

Profitez de votre blessure !

Vous l’avez compris une blessure, c’est l’occasion de reprendre une préparation structurée loin des turbulences du calendrier. Toutes les gammes d’exercice sont au programme : renforcement musculaire généralisé, étirements, travail cardiaque et sollicitation des systèmes énergétiques les plus puissants. Même la technique est travaillée. Ainsi, au moment de reprendre, après ce type de programme, il est fréquent que votre forme soit meilleure qu’au moment du traumatisme !