BIEN DORMIR POUR BIEN CONDUIRE

Docteur Stéphane Cascua

La fatigue constitue un véritable risque pour la conduite. Elle provoquerait 30 à 35 % des décès sur autoroute. Voilà qui justifie quelques précieux conseils pour rester en pleine forme tout au long de votre parcours.

Une dette de 4 à 5 heures de sommeil altère autant la vigilance qu’une alcoolémie de 0,5 gramme par litre. Pendant la journée notre cerveau réduit périodiquement son attention. Il a besoin d’être stimulé pour rester en alerte : les longs trajets monotones, le ronronnement du moteur, la douce tiédeur de l’habitacle finissent par diminuer nos réflexes !

La nuit, c’est fait pour dormir, pas pour conduire !

Lorsque vous prévoyez un long trajet nocturne, vous cumulez les risques. L’obscurité ne parvient pas à tenir votre encéphale. A ces heures notre système nerveux à l’habitude de dormir et réduit naturellement son activité. En prolongeant votre journée vous manquez de sommeil et vous altérez votre concentration. Les accidents sont plus fréquents la nuit. Ils surviennent surtout autour de 4 heures du matin quand la vigilance de notre cerveau est au plus bas !

En début d’après-midi : pensez à la « pause parking » !

Le coup de pompe de 14 heures correspond à une chute naturelle de l’activité du cerveau, il se produit même en l’absence de déjeuner. En début d’après-midi, il est indispensable de se reposer. Une « pause parking » constitue la récupération idéale. Après avoir mangé léger, terminez par un café, garez votre voiture, basculez votre dossier, détendez vous et fermez les yeux. Vous glissez vers 20 minutes de sommeil léger régénérateur. Vous ne dormez pas profondément car votre cerveau analyse que vous n’êtes pas au fond de votre lit. Vous vous réveillez « frais et dispo » . Enchaînez par quelques minutes de marche au grand air et reprenez la route en pleine forme !

Dormir et conduire : organisez votre journée idéale !

La veille du grand départ, couchez-vous à l’heure habituelle. Veillez à vous concocter une soirée calme et cosy. Optez pour un bon bouquin au lit. En cas d’anxiété, pensez à une infusion de tilleul ou à un vers de lait tiède sucré. Evitez absolument les somnifères , ils altéreraient encore votre vigilance le lendemain ! Essayez de ne pas mettre de réveil. Ainsi, votre cerveau émerge naturellement et efficacement ! Il devient très efficace à partir de 8 ou 9 heures, profitez en pour prendre le départ. Roulez toute la matinée en faisant des pauses Notre système nerveux réclame du repos toutes les 2 heures et réduit spontanément son activité. Profitez-en pour récupérer et pour bouger un peu. Proposez éventuellement le volant à votre compagne ou à l’un des voyageurs. Vers 13 ou 14 heures, déjeunez et enchaînez avec une « pause parking ». A l’issue, conduisez à nouveau en période de concentration optimum jusqu’à l’heure du dîner. Voilà qui fait 8 à 10 heures de conduite en une journée, c’est amplement suffisant. De toute façon, en soirée, la vigilance s’émousse à nouveau peu à peu.

Pensez à vos petits passagers !

Le système nerveux des enfants de moins de 6 ans ne se réveille vraiment qu’après 9 heures. En cas de départ vers 8 heures, évitez l’excitation , il est probable que le bercement du véhicule provoquera rapidement un petit somme. A l’occasion de votre première pause, amusez-vous avec vos garnements sur une aire de jeux et proposez leur une viennoiserie. Peu de temps après, le repos, la digestion et le coup de pompe de 11 heures s’associeront pour favoriser une nouvelle petite sieste. Au déjeuner, choisissez-leur des pâtes et évitez le coca. Les féculents réduisent la vigilance et ceux qui n’ont pas trop dormi le matin pourront tomber dans les bras de Morphée. Tout au long de l’après-midi, chaque pause doit être l’occasion de bouger et de se défouler ! Attention, le cerveau des enfants ne fonctionne pas avec un interrupteur ! S’ils ont beaucoup dormi pendant le voyage, ils seront en pleine forme le soir de l’arrivée ! Bon courage, bonne nuit ? et bonnes vacances !