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PEDALEZ AVEC LA TETE

- Docteur Stéphane Cascua - SANTESPORTMAG - Novembre 2010

Obligatoire en compétition, c’est le cerveau qui impose le casque pour toute sortie à vélo. Son efficacité est irréfutable ! Pourtant certains cyclistes rechignent toujours à le porter, avançant des arguments irrecevables, tant sur le plan de la performance que du confort.

Par Alain Dalouche


Le poids à porter pour se prémunir d’un traumatisme crânien est négligeable, entre 200 et 350 grammes en moyenne. C’est insignifiant pour la performance, surtout en comparaison des bénéfices aérodynamiques. Les cyclistes professionnels savent que leur coefficient de traînée (Cx) sont optimisés par un casque profilé. Les tests en soufflerie l’attestent ! Pour le cycliste amateur également, le casque vient en tête des équipements améliorant la pénétration dans l’air du couple homme/machine. La soi-disant surchauffe avancée par les cyclistes non coiffés ne tient pas la route. Pour le confort, la ventilation est optimisée par des ouvertures profilées faisant converger les flux d’air au sommet du crâne. Les modèles haut de gamme comportent plus de vingt aérations, dix étant généralement le minimum pour ne pas suffoquer. Les études confirment que la température à la surface du crâne est nettement inférieure sous les couvre-chefs modernes que sous leurs ancêtres, les protections à boudin, pourtant largement ouvertes. De plus, en optant pour la couleur blanche, le crâne attire beaucoup moins le soleil qu’une crinière brune. Quant à la gêne parfois évoquée, elle tient souvent à un modèle peu adapté ou a une mauvaise fixation.


L'essayer n’est pas l’adopter

Pour les adultes, les casques se retrouvent souvent en taille unique (de 54 à 61 cm de tour de tête) et parfois en trois grandeurs (S, M et L). Le choix est simple ! En revanche, il ne vous dispense surtout pas d’un essayage. Comme pour des chaussures, il faut se sentir « bien dedans Â» et ne pas être comprimé au niveau des oreilles. Pour être fiable, le bol protecteur doit être parfaitement ajusté, et cela vaut pour tous, notamment pour les enfants au casque très souvent mal fixé. S’il vous plaît, pas de casques inclinés sur l’arrière, ni maintenus par la jugulaire comme on le voit trop souvent ! Une protection trop grande ou mal vissée sur la tête est dangereuse ! Idéalement, un casque dispose d’un réglage occipital (derrière la tête) permettant un ajustement rapide avec des gants. La visière n’est pas un détail esthétique. À VTT, elle protège des projections, des branches baladeuses mais également de la pluie et du soleil. Optez pour une visière souple pouvant se tordre ou s’arracher sans se casser. Le nez dans le guidon, les cyclistes routiers se dispensent de cet équipement perturbant l’aérodynamisme et réduisant le champ de vision. Parmi les détails qui comptent, les filets anti-insectes sur les aérations frontales et la mousse sur la jugulaire, sont des plus en terme de confort, tout comme l’intérieur amovible.


L’Europe en tête

La norme européenne EN 1078 (EN pour European Norm) garantie la résistance aux chocs et à l’arrachement de la jugulaire. S’ils ne protègent pas de tout, les casques sont fiables ! La majorité des fabrications intègre la technologie In-mold, un processus de fusion de la coque externe au rembourrage interne (en polystyrène), permettant le renforcement aux endroits critiques, sans rajout de poids, ni d’épaisseur. La coque a deux fonctions. Celle d’amortir directement l’impact mécanique en se tassant, puis de diffuser l’onde de choc. Sous cette calotte, le rembourrage protecteur absorbe l’énergie de l’impact. Un capitonnage de confort complète l’habillage. Vous comprenez l’impérieuse nécessité de changer de casque après une chute sur la tête. La moindre fissure au sein de la carcasse rigide se comporte comme un fossé bloquant la propagation périphérique de l’onde de choc. Le séisme replonge vers les profondeurs… et rejoint votre boîte crânienne. Un casque ne protège qu’une fois un cas de chute. Fendu ou déformé, il devient aussi efficace qu’un chapeau de paille ou un bonnet de laine.



Le crash qui rapporte

En cas de crash, la plupart des marques remplacent votre casque pour un prix public situé entre 40% à 50% de sa valeur. Il suffit de rapporter votre modèle (ou ce qu’il en reste) à votre revendeur avec la facture d’achat, pour repartir avec un bol tout neuf à moitié prix. Pensez-y et conservez votre facture d’achat, elle pourrait vous servir.



Comment bien porter son casque ?

Mal fixée, une protection devient inefficace voire dangereuse.

Le casque se pose horizontalement sur la tête. Il doit entrer sans forcer et ne pas gêner.

C’est le réglage occipital qui maintient le casque horizontalement. Une fois serré, le bol est parfaitement stable et ne doit plus bouger lorsque vous secouez la tête.

Une fois bien positionné, prenez soin d’ajuster les lanières de la jugulaire. Elles doivent se rejoindre sous les oreilles, sans les toucher.

Ne serrez pas trop la jugulaire sous la mâchoire et laissez l’espace d’un doigt. Ce n’est pas la jugulaire qui maintient le casque, mais le réglage occipital.