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LE CORPS ROUILLE A L'EFFORT - L'alimentation est votre dégrippant

- Docteur Stéphane Cascua - Extrait de « Alimentation pour le sportif » - Avril 2005

Au cours de vos activités physiques, votre organisme brûle plus de calories. Comme dans le foyer d'une cheminée avivé par le soufflet, la cette combustion impose l'utilisation d'une importante quantité d'oxygène.

OsteopatheL'oxygène respiré par le sportif permet de produire de l'énergie !

Au sein de la cellule musculaire les sucres et les graisses sont sectionnés en petits fragments composés de carbone et d'hydrogène qui pénètre dans une "mitochondrie". Cette structure est la centrale énergétique de la cellule. On en trouve des milliers dans chacune de nos fibres musculaires. A l'intérieur les segments de sucres et de graisse sont décomposés sous l'influence de l'oxygène, à chaque étape l'organisme parvient à récupérer l'énergie emmagasinée dans les aliments. Il la stock au sein d'une petite molécule appelée ATP. Cette dernière est directement utilisable par les fibres musculaires pour se contracter. Ces fragments venant des aliments constitués de carbone et d'hydrogène sont oxydés. Ils se fractionnent et fixent l'oxygène. Ils finissent par former du gaz carbonique ( "CO2" = 1 atome de carbone et 2 atomes d'hydrogène ) et de l'eau ( "H2O" = 2 atomes d'hydrogène et 1 atome d'hydrogène ). Ces composés achèvent la combustion des sucres et des graisses ; ils sont éliminer par la respiration. Ainsi, ces dernières étapes de l'oxydation des aliments porte le nom de chaîne respiratoire.

L'oxygène produit des dérivés toxiques : les "radicaux libres"

Le processus d'oxydation destiné à produire de l'énergie est complexe ; vous imaginez bien que son fonctionnement soit imparfait. A chaque étape de la combustion, il peut y avoir des ratés. L'oxygène arrivant en grande quantité ne trouve pas toujours un fragment de sucres ou de graisses à décomposer. Ce gaz précieux se fixe alors sur d'autres substances et se transforme en une molécule particulièrement agressive pour le corps : les "radicaux libres" ! Un simple exemple illustre parfaitement la situation. Dans ce tumulte, l'eau, H20, peut accueillir la moitié d'une molécule d'oxygène ( O2 = 2 atomes d'oxygène ) et constitué H2O2 … l'eau oxygénée. Souvenez-vous, pour désinfecter une plaie vos parents répandaient ce produit sur votre blessure… tout se mettait à mousser … les microbes éclataient … vos globules rouges aussi ! Cette substance est un puissant oxydant qui détruit les structures cellulaires ! Vous imaginez sa toxicité quand il est produit dans la profondeur de nos cellules. Comme les autres radicaux libres, elle dissout et déchire les membranes. Elle détruit les protéines de notre corps : les enzymes permettant les réactions chimiques indispensables à la vie cellulaire ne fonctionnent plus, les fibres musculaires sont rompues. La charpente de la peau est déchiquetée. Voilà qui provoque des rides et symbolise son effet activateur du vieillissement. Enfin, ces produits toxiques casse l'ADN contenu dans le noyau de nos cellules. Ils font beuger le programme génétique et favorisent la survenue de cancers ! Bref, le corps s'oxyde et rouille sous l'effet de l'oxygène ! Chez le sportif qui fait tourner à plein régime sa chaîne respiratoire, la production de radicaux libres est décuplée, il doit tenter de limiter les dégâts ! Bien manger est pour lui une nécessité absolue !

L'organisme du sportif lutte contre les radicaux libres

Heureusement, notre corps est équipé d'un système de "neutralisation" des radicaux libres. Pour répondre à l'agression accrue lors de l'activité physique, ce dispositif peut se renforcer avec l'entraînement. Pour cela, le sportif doit bénéficier d'une alimentation variée. De multiples étapes chimiques permettent de désactiver les radicaux libres. De nombreux enzymes spécifiques interviennent pour permettre ces réactions. Elles sont activées par des oligo-éléments indispensables à la lutte contre les oxydants. Les plus connus sont le sélénium et le cuivre. En phase finale, l'oxygène agressif est fixé sur un antioxydant comme la vitamine C, la vitamine E ou les flavonoïdes. Autant de substances retrouvées dans une alimentation riche en fruits, en légumes et en céréales complètes.

Pour lutter contre les radicaux libres, rien ne vaut une alimentation équilibrée

A chacune des phases de neutralisation des antioxydants, de nombreuses substances interviennent. Toutes ne sont pas encore connues. Vous comprenez pourquoi prendre des comprimés de vitamine C, de vitamine E ou du sélénium se révèle nettement insuffisant. Parfois même, ces supplémentations hasardeuses se montrent nuisibles et favorisent l'oxydation ! En effet, il est probable que la présence d'un unique complément active excessivement certaines étapes chimiques alors que d'autres restent bloquer par des carences relatives en autres composants antioxydants. Dans ces conditions, des dérivés de radicaux libres particulièrement toxiques peuvent s'accumuler. Avec des compléments alimentaires réunissant un ensemble de produits antioxydants le risque diminue mais cette méthode ne constitue pas une panacée.

L'idéal reste une alimentation variée, équilibrée riche en fruits, en légumes et en céréales complètes. En effet, la nature propose à ces végétaux la totalité du système de lutte contre l'oxydation. C'est ainsi que les plantes assurent leur propre protection contre les méfaits de l'oxygène ! De cette manière, en vous nourrissant avec ces bons produits, vous bénéficiez de toutes les substances chimiques intervenant dans le combat contre les radicaux libres ! Y compris celles qui ne sont pas présentes dans les comprimés … y compris celle que l'on ne connaît pas encore ! Ainsi, par exemple, une pomme possède un pouvoir antioxydant correspondants à 1,5 grammes de vitamine C alors qu'elle ne contient que quelques milligrammes de cette substance !

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