A QUEL AGE FAUT-IL ARRETER DE CONDUIRE ?

Docteur Stéphane Cascua

Avec les années, les perceptions s’altérèrent et les réflexes diminuent. Maladies et médicaments perturbent la vigilance. Alors quels sont les conseils à suivre pour continuer à rouler sans risque ?

Le corps fonctionne moins bien !Osteopathe

La vision se détériore insidieusement alors qu’elle apporte 90% des informations nécessaires à la conduite. Les yeux résistent moins bien à l’éblouissement mais ont besoin de beaucoup plus de lumière pour voir correctement. Le champ visuel se réduit progressivement et il devient plus difficile de voir sur les cotés. L’usure des articulations altère la mobilité notamment au niveau du cou. Voilà qui rend plus difficile les changements de direction. Les douleurs accentuées par la position assise prolongée perturbent la concentration. Certains médicaments antalgiques favorisent la somnolence. C’est le cas également de bons nombres de traitement prescrits contre les maladies du vieillissement comme l’hypertension ou le diabète.

Le cerveau a plus de difficulté à gérer de multiples informations. Les larges ronds points peuvent représenter un réel problème pour les seniors d’autant qu’ils n’existaient pas lorsqu’ils ont appris à conduire. Les cycles de vigilance sont inscrits de façon plus rigide dans le système nerveux des personnes âgées et la fatigue s’installe rapidement aux heures habituelles de sommeil.

Est-il impératif d’arrêter de conduire ?

Pendant longtemps la personne âgée parvient à compenser ces perturbations. Jusqu’à 70 ans la mortalité routière du senior reste comparable à celle de l’individu d’âge mûr. Ce n’est qu’à partir de 75 ans que le risque d’accident grave augmente pour rejoindre, vers 85 ans, celui des jeunes de 18 à 25 ans.

Si vous craignez pour l’un de vos parents, sachez solliciter son médecin traitant. Il a été démontré que l’avis de ce dernier ainsi que les conseils des proches se révèlent très efficace pour inciter les personnes âgées à renoncer à l’automobile. On sait que les petits accrochages contribuent aussi à l’arrêt spontané de la conduite.

Si le senior semble mettre en péril sa vie et celle d’autrui, s’il n’a pas conscience de ces troubles, notamment en cas de maladie d’Alzeimer, la loi autorise son entourage à écrire au préfet. La personne âgée sera convoquée et pourra alors bénéficier d’une visite médicale spécialisée qui jugera en toute objectivité de son aptitude à la conduite.

Quels conseils pour que les seniors conduisent plus longtemps ?

La personne âgée doit bénéficier d’un suivi médical. L’ophtalmologiste propose les lunettes les plus adaptées pour compenser une partie des troubles visuels. L’oto-rhino-laryngologiste suggère si nécessaire un appareil auditif. Le médecin traitant coordonne et optimise la prescription médicamenteuse , il informe son patient des effets indésirables, il évoque régulièrement ses capacités à prendre le volant. Le senior doit conserver des activités intellectuelles variées pour entraîner son cerveau. Pourquoi ne pas envisager un stage de code et de conduite adapté ?

Il est préférable que les seniors évitent les parcours nocturnes, les heures de pointes, les routes à grandes circulations avec de nombreux ronds points ou échangeurs ainsi que les longs voyages fatiguants. Ils doivent particulièrement respecter les limitations de vitesse et les distances de sécurité. Néanmoins, les personnes âgées restent très longtemps à l’aise lors des petits trajets habituels sur route tranquille. Heureusement car ces déplacements sont garants de leur indépendance, surtout en milieu rural.